Accueillir la pensée, revenir au fait : un pas vers la clarté décisionnelle.
Temps de lecture : 7 – 8 min
« Je vais perdre ce qu’ils ont mis 30 ans à bâtir. »
Un dirigeant m’a confié cette phrase lorsqu’il a pris la tête de l’entreprise familiale : des salariés, une histoire, une image à préserver.
Et lui arrivait avec sa vision, son ambition et une raison d’être de l’entreprise évolutive.
Je lui demande alors : « Qui vous a dit cela ? Qui vous a dit que transformer c’est perdre ? »
Ces questions reviennent parfois dans mes accompagnements.
« Personne en fait … C’est moi qui en ai déduit cela au vu de …»
Voilà.
Cette phrase n’était pas basée sur un fait, c’était une pensée. Pourtant, elle agissait comme une vérité. Elle guidait ses décisions, tendait son corps, réduisait son champ de vision.
Nous confondons parfois le réel (ce qui est observable) et ce que nous pensons du réel (nos inférences, nos anticipations, nos peurs).
Vos neurones créent sans cesse de nouvelles connexions. Mais seules les connexions entre neurones simultanément actifs sont conservées.
Les pensées que vous répétez sculptent littéralement votre cerveau.
Si vous pensez quotidiennement « Innover, c’est trahir, risquer », vous construisez les voies neuronales de l’immobilisme.
Si vous pensez « Ma vision peut cohabiter avec l’histoire qui m’a précédé », vous tracez les chemins de l’apprentissage.
Ce processus prend du temps. Mais il est puissant.
Votre réalité actuelle est aussi le fruit de vos pensées passées, et votre réalité future sera influencée par vos pensées présentes.
Le problème ? La plupart de nos pensées sont automatiques, héritées de l’enfance, jamais questionnées.
Ces programmes invisibles dictent nos réactions, nos choix, nos limitations.
La vraie question n’est pas « Que dois-je penser ? »
Mais : « Sur quoi je fonde mes pensées ? »
Ce ne sont pas les événements qui créent votre réalité, mais l’interprétation que vous en faites.
Ce sont vos systèmes de croyances, ces filtres invisibles à travers lesquels vous percevez et interprétez chaque événement.
Et cette interprétation peut être modifiée.
Que vous soyez dirigeant confronté à une décision de transformation, cadre naviguant dans des enjeux complexes, ou simplement quelqu’un qui aspire à sortir de schémas répétitifs : le processus est identique.
Modifier votre façon de croire demande bien plus qu’une affirmation positive récitée devant un miroir.
Cela exige :
Quand vous comprenez que vos pensées ne sont pas vous, mais des événements que vous pouvez observer, vous créez une distance salvatrice.
Cette distance vous permet de ne plus vous identifier à chaque pensée négative qui traverse votre mental.
Cette distance vous rend la liberté de choisir consciemment ce que vous cultivez. Car entre ce que vous vivez et ce que vous croyez mériter, l’écart peut être considérable.
La bascule se joue ici.
Distinguer :
Cette distinction redonne le choix, donc la capacité d’agir.
Et cet écart ? Il se mesure précisément à la qualité de vos pensées habituelles.
Notez une situation récente qui a généré une pensée contraignante.
(Une décision reportée, un projet freiné, un conflit, une frustration…).
Notez, quelle pensée est apparue spontanément ?
Qu’avez-vous ressenti dans votre corps ?
Quel était l’émotion présente ? Que représente-t-elle (un besoins, une peur, une attente …) ?
Posez-vous la question : « Qui m’a dit cela ? » ou « Sur quels faits je fonde cette pensée ? »
Vous découvrirez probablement que votre pensée n’est pas un fait, mais une interprétation.
Cet exercice est une porte d’entrée pour aller plus loin et dans mes accompagnements, je vous donne les outils pour transformer durablement ces schémas ancrés.
Une interprétation forgée par une expérience passée, une blessure ancienne, une croyance héritée.
Les pensées façonnent notre réalité perçue. Les reconnaître, comme des pensées et non des faits, ouvre un espace de décision plus clair. Le but n’est pas de “ penser positif ”, mais de voir avec clarté pour agir avec lucidité.
L’observation de soi est le premier outil de transformation.
La prise de conscience, le second.
L’action répétée, le suivant.
Sans ces trois piliers, rien ne change durablement.
Que vous dirigiez une entreprise ou votre propre vie : le point de départ est identique.
La question est : cette histoire que vous vous racontez sert-elle votre perspective, ou la limite-t-elle ?
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